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15 - Le stress

Samedi 27 juin 2020

Quelques heures avant l’atelier « Se libérer du stress »…

 

Dernièrement, sur les conseils de ma consultante, j’ai écouté une conférence de Lise Bourbeau sur l’abondance et la prospérité. Je travaille sur ma peur de manquer, qui est toujours là et bien là. Lise Bourbeau explique que les gens qui n’ont pas une attitude prospère gardent des tas de trucs de chez eux en se disant : « ça peut toujours servir ». C’est mon cas. Je garde, j’accumule. Par exemple, j’ai assez de vêtements pour habiller une petite ville.

Alors ce matin, je veux vider tous mes placards et faire de la place pour le neuf. J’ai l’assez mauvaise idée de tous les vider en même temps et de me retrouver avec des vêtements absolument partout : chambre, bureau, salon. Mon appart est envahi.

Il est 10h. 

Premier petit coup de stress parce que je n’avais pas réalisé que j’avais autant d’habits et que maintenant que j’ai des monticules de tissus dehors, il va bien falloir en faire quelque chose.

L’atelier commence dans 3h, je veux avoir tout rangé d’ici là! Hors de question que je fasse l’atelier au milieu de ce bazar! La tension commence à monter. (Ne me demandez pas pourquoi je me mets autant la pression : c’est une capacité surdéveloppée chez moi). 

Vu mon état d’esprit de l’instant, je peux vous affirmer que je suis dans le thème de l’atelier de ce weekend :  le stress. J’aurai pu gentiment attendre que l’atelier commence pour aborder le sujet, mais non, j’ai préféré prendre les devants et me noyer dans mon stress de bon matin. Le hic, c’est je ne sais pas encore le gérer et je n’ai pas le temps de me poser pour faire le seul truc qui me détend : méditer. J’ai trop de trucs à faire ce matin. Je m’impose un rythme de furie pour avoir fini ce grand rangement à temps.

Ne me jugez pas. On fait parfois des trucs irraisonnés… 

Me voilà donc en pyjama, en train de faire des tas de ce que je veux garder et de ce que je veux donner. Et il se trouve que je veux garder plein de trucs.

Alors je fais des gros tas de trucs à garder, et des petits tas de trucs à donner.

Toujours est-il que Lise Bourbeau conseille de se séparer de tout ce que l’on n’a pas utilisé depuis 1 an. Mes gros tas sont pleins de trucs que je n’ai pas portés depuis longtemps. 

Les 1 ans sont largement dépassés.

Me voilà donc en train de recommencer mon tri.

L’heure tourne. Tic tac tic tac. Mon stress passe au niveau supérieur.

Ne me jugez toujours pas, je suis toujours dans ma bulle, loin loin de me rendre compte à quel point tout ce stress est excessif et surtout inutile. 

En suivant la règle du « pas mis depuis plus de 1 an, tu ne gardes pas », j’ai fait une coupe sèche dans mes tas de vêtements. On dirait qu’ils ont subi une liposuccion expresse. Il n’y a plus beaucoup de choses : le « plus beaucoup » étant relatif évidemment. Une fois que j’aurai re rangé dans mes armoires ce que je garde, elles seront moins pleines certes, mais pas vides non plus. Il faut quand même pas déconner. Disons un peu plus aérées. J’arrive à tout voir. 

L’heure continue de tourner, je suis toujours en pyjama, les cheveux en pagaille, les nerfs à vif et franchement saoulée de m’être lancée dans ce rangement. Je suis agacée contre moi-même et donc, je le sais maintenant, je suis en colère !!!

En termes de progrès sur la gestion de mes émotions, je ne sais pas trop comment me positionner. Je dirai que je suis plutôt dans la case « échec » à ce moment précis. Mon volcan intérieur est prêt à exploser. Et vous, vous vous dites sûrement que c’est complètement barge de se mettre dans cet état pour un malheureux tas de fringues…

Pas de jugement on a dit. ETC est le synonyme de la bienveillance.

Au moment où j’écris ces lignes, je me demande à quel point vous raconter tout ça sur ce blogue est une bonne idée : je n’ai pas trop envie que vous ayez de moi une image de la fofolle en pyjama qui se tape la tête contre un mur parce qu’elle a décidé qu’elle devait avoir fini son rangement avant le début de son atelier, quitte à devenir encore un peu plus dingue…

Mais je prends le risque.

Je continue d’écrire. 

Donc, maintenant que j’ai rangé ce que je garde, j’ai maintenant tout ce que je ne garde pas sur les bras. La fofolle en pyjama a un nouveau dilemme : je donne ou je vends ?

Pour me simplifier la tâche, j’aimerai pouvoir tout mettre dans des sacs et me dire : je donne. Mais quand même, il y a des trucs que je voudrais vendre alors, je me remets à trier : un tas je donne; un tas je vends.

C’est reparti pour les tas.

11h35.

L’heure tourne de plus en plus vite, comme si quelqu’un s’amusait à accélérer les minutes (la parano pointe le bout de son nez ?)…

Mais je suis toujours dans mon truc, mon obsession : je veux absolument avoir fini de tout ranger avant le début de l’atelier. Et je veux aussi pouvoir déjeuner et prendre une douche avant 13h.

Grrrrrrrr, je commence à m’agacer sérieusement. ET comme fait exprès, 3 amis qui ne m’appellent presque jamais ont décidé que ce matin, ils avaient vraiment envie de me parler et s’acharnent sur mon téléphone. Ils m’énervent tous à la fin, ils ne voient pas que je suis occupée! En retard!

Laissez-moi tranquille! 

J’accélère le rythme : de nouveau, des monticules de tas de trucs à donner s’accumulent. Je mets tout ça dans des sacs que je vais vite vite mettre dans ma voiture pour pouvoir les déposer dans les bornes de don lundi en allant travailler. Toujours en pyjama. Toujours pas coiffée. J’ai oublié mon amour propre ce matin.

L’heure tourne!

Je vous vois secouer la tête et vous dire : « Pourquoi elle n’a pas tout mis dans un coin, en attendant de pouvoir faire son rangement tranquillement, plus tard. Pas la peine de se mettre dans des états pareils pour ça! ».

Et oui, sains d’esprit que vous êtes, mais là je ne réalise même pas à quel point je m’obstine à vouloir finir ce rangement à tout prix et le stress niveau cataclysmique que ça engendre chez moi.

C’est pas comme si je faisais une formation avec ETC pour mieux gérer mes émotions… 

Je finis par voir le bout du tunnel : il ne me reste qu’un gros tas de vêtements à vendre. Pour faire monter un peu plus mon stress, je me dis que ça va être du boulot ça aussi. Il va falloir prendre en photo chaque pièce, une par une; faire l’annonce; la poster sur le site. Ça ne me fait pas rêver du tout alors j’enfourne tout ça dans un grand sac que je range dans mon bureau, avec l’étiquette « à gérer plus tard ». Je me connais assez pour savoir que ce sac va rester là un moment et finira par partir à la borne de don comme les autres. Tout ça pour ça…

No comment. 

Il est 12h20 et j’ai enfin fini !!!

HOURRA !! J’ai fait ce qu’il fallait pour attirer à moi l’abondance… (vu les énergies bien bien négatives de la matinée, j’ai un doute sur le résultat de mon action, mais j’y crois quand même).

Pas le temps de m’auto congratuler trop longtemps : je file me doucher, j’avale un peu de melon et à 12h55, je suis devant mon ordinateur.

Pile à l’heure! 

Je suis crevée. 

Affalée sur ma chaise, je suis tout ouïe pour apprendre à gérer mon stress parce que là de suite, je suis une vraie boule de nerfs! 

 

 

Samedi et dimanche 27 et 28 juin2020

Atelier en ligne « Se libérer du stress »

 

L’atelier commence… 

 

C’est la formatrice au grand grand sourire qui nous forme ce weekend. Je souris en me disant qu’il n’y a vraiment pas de hasard : elle m’aura accompagnée sur les 2 thèmes qui me touchent le plus. Les peurs et le stress.

Et comme fait exprès, avant chacun de ces 2 ateliers, j’ai vécu la peur (mon trajet jusqu’à Bordeaux) et le stress (je ne vous refais pas ma matinée).

Chaque fois, j’ai eu droit à une petite mise en bouche. Comme si la Vie voulait s’assurer que je comprenne bien le thème de l’atelier.

Et ça marche. Je comprends bien. Chaque cellule de mon corps comprend bien. 

La formatrice ouvre l’atelier en nous disant que ce weekend va être beaucoup plus pratique que théorique. La blague! Elle va nous refaire le coup de machine à laver, mais avec le stress cette fois ?

Je n’ai pas la force.

J’ai passé ma matinée dans une machine à laver !!! J’en peux plus!

Je veux me dé-ten-dre !!

Ça y est, j’ai les mains moites : je ne suis pas d’attaque pour un nouveau weekend comme celui des peurs. Je ne veux pas.

Je suis capable de me mettre à bouder, je vous préviens! 

Je suis dans ma bulle en train d’imaginer un scénario catastrophe quand la formatrice explique qu’aujourd’hui, on va apprendre une technique de lâcher-prise.

Ah?

Ça va aller alors ?

Pas de machine à laver en perspective?

On va se détendre ? 

Elle nous demande de noter les domaines dans lesquels on vit le plus de stress.

Le plus?

Mais moi j’ai peur de tout, alors je suis stressée pour tout, tout le temps. Travail, argent, santé, relations. Même mes fringues me stressent !!!

Les copines viennent donc avec leurs copains ce weekend : nous les humains on a Ken et Barbie, mon mental a la peur et le stress, le rose bonbon en moins. Joli couple. Un genre de Bonny and Clyde psychologique. 

Le stress c’est pas un truc génial, alors si je peux vivre sans, franchement, je prends!

La formatrice nous dit alors que pour se libérer d’un stress, il y a plusieurs façons de s’y prendre : respirer (définitivement, l’apnée n’est pas un truc que prône ETC), boire de l’eau et lâcher prise!

Lâcher prise… je me le dis mentalement, souvent. Dans les faits, visiblement, ça ne fonctionne pas hyper bien si j’en juge par mon niveau de stress actuel. Je suis dans le rouge : ma jauge perso est sur le point d’éclater. 

Mais comme les choses sont bien faites, la formatrice nous propose de faire une détente guidée.  Et vous le savez, j’adore ces moments.

(À ce stade, je n’ai pas encore percuté qu’on faisait une détente AVANT de commencer à travailler… C’est probablement mieux d’ailleurs, sinon, là c’est sûr, ma jauge aurait explosé).

Allons-y.

Je m’installe confortablement dans mon fauteuil, je respire profondément et me laisse guider.

Est-ce que « détente » est réellement le mot qu’a employé la formatrice? Avec le recul, j’ai un doute. Ça avait pourtant commencé avec douceur... et j’avais (presque) réussi à me détendre. 

Vous lisez peut-être ce blogue assis sur une chaise, un canapé. Alors prenez une minute pour vous sentir bien dans la position où vous êtes, pour vous poser et vous sentir tout à fait détendu.

Quand vous vous sentez complètement zen, lisez la suite. 

Imaginez-vous monter dans un avion. Vous êtes bien, vous allez voyager. L’avion décolle et puis, sans transition, la douce voix de la formatrice vous demande de sauter de cet avion. (Elle a quand même un côté sadique derrière son grand grand sourire…).

Moi à ce stade, je manque de m’étouffer. Mon mental n’aime pas beaucoup cette consigne. Sauter d’un avion. Pourquoi? On n’était pas censé se détendre là ?

J’ai peur du vide, alors sauter DANS le vide, ce n’est pas une option qui m’emballe. Soyons clair, je n’ai pas envie. Du tout. J’ai dit : « Je ne veux pas revivre un weekend machine à laver !!!! ». Vous vous souvenez ?

Snif…

Mais bonne élève, je lâche et j’y vais, je saute.

Mon parachute s’ouvre.

Et vous savez quoi, je me sens bien. À croire que j’ai épuisé mon quota de stress pour la journée.

J’observe la campagne vue d’en haut; des champs d’un joli vert à perte de vue. Je m’extasie devant le bleu du ciel et cet horizon qui paraît encore plus vaste vu du ciel.

Je me sens bien et je suis heureuse, j’ai sauté! Victoire !!

Un panel de sentis s’invite à moi. Je me sens fière, reconnaissante, vivante, enthousiaste, entière, libre. Ça fait du bien !!

Bon, j’ai peut-être crié « Victoire » trop vite… car la voix de la formatrice nous demande maintenant d’appuyer sur un bouton qui va nous séparer de nos parachutes.

Sadique.

À quoi elle joue? Le but est de nous achever ?

Parce qu’en clair, elle nous demande, toujours avec sa voix douce, de lâcher prise sur le fait qu’on pourrait bien s’écraser comme de misérables pancakes dans les secondes qui vont suivre.

Allô ?? On devait se détendre !!!!

J’ai un bref (mais INTENSE !!) moment de stress en visualisant le gros bouton rouge, mais je finis par accepter d’appuyer dessus. Non pas que l’idée de finir éclatée sur le sol me fasse rêver, mais j’y vais.

Cela dit, je pense qu’au moment où j’appuie sur ce foutu bouton, je dois être tendue de partout, totalement crispée. Un peu en mode statue, totalement figée. Et pourtant, au moment où je relâche le bouton, je me sens totalement libre. Incroyable.

J’adore!

Je me sens bien. Détendue (dingue pas vrai?).

Je me vois tomber dans le vide, toute souriante (là c’est sûr, mes neurones ont grillé), rebondir 2 fois sur un trampoline puis atterrir en douceur sur un énorme fauteuil au beau milieu d’un champ. Comme si tout ça était totalement normal.

Et le meilleur dans tout ça, c’est qu’une fois sur mon grand fauteuil, je me sens heureuse et accomplie. Rien que ça.

Je regarde tranquillement les autres personnes s’écraser sur le sol (pas beau à voir). Mais je m’en fous, moi je suis heureuse!

Je sais lâcher prise! Je viens de le faire! 

Subsiste quand même une énigme : si j’ai pu lâcher prise dans l’exercice, alors pourquoi pas dans la vraie vie? Pourquoi pas avec tous les trucs du quotidien qui me stressent?

Y a du boulot…

Qui veut jouer à Sherlock Holmes avec moi et résoudre l’énigme ?? 

Retour à la réalité, pour gérer le stress, je vous l’ai dit, il faut respirer. Toujours.

Mais pas n’importe comment.

La formatrice nous fait faire un exercice de respiration où on apprend à déployer nos côtes comme des ailes. Ça va devenir mon truc cet exercice. Dans les semaines qui vont venir j’aurai plein d’opportunités de déployer mes ailes au rythme de ma respiration… Comprenez : je vais être stressée, pas en continu, mais franchement, pas loin! 

Je suis calée sur ma respiration de l’oiseau quand j’entends la formatrice dire que tout ce à quoi on résiste prend de plus en plus d’ampleur avec le temps. Parce que rien ne peut se transformer si on ne commence pas par accepter.

Aïe.

Je me projette dans ma vie actuelle : je devrais peut-être sérieusement envisager le fait que j’ai le droit de paraître décevante et pas fiable aux yeux de Jean-Pierre. Si j’accepte ça au lieu de vouloir absolument être performante, peut-être que mes doigts vont refaire des feux d’artifice et que je vais réussir à écrire facilement de nouveau?

Mais décevante et pas fiable, c’est quand même moche, mal, pas bien du tout. L’égo me martèle ça depuis des années. Mon égo aimerait mieux que Jean-Pierre dise de moi que je suis performante. Et j’avoue que moi aussi, ça m’irait mieux. Alors je résiste, je m’acharne pour paraître la plus performante possible. Et ça m’épuise.

Notez que Jean-Pierre ne m’a fait aucun retour négatif sur mon travail, c‘est moi et moi seule qui me fait mon petit scénario avec comme co-auteur, mon égo. Et franchement, on se débrouille pas mal du tout!

Je rumine tout ça quand mon cerveau fait un bond express dans le passé, dans l’atelier Être bien de janvier. La phrase sac de nœuds fait son grand retour : « Il faut commencer par accepter d’être ce que l’on ne veut pas être pour réussir à être ce que l’on veut être ».

J’avais oublié.

C’est sûr, c’est stressant de lutter pour ne pas être celle qu’on ne veut pas être et être celle qu’on veut être parce que si on me juge d’être celle que je ne veux pas être, je serai tellement déçue d’être effectivement celle que je ne veux pas être alors que je fais tout pour ne pas l’être et être celle que je veux être.

Vous suivez ?

Non?

Moi non plus, je ne suis pas sûre que cette phrase ait un sens et c’est bien pour ça que j’avais oublié la phrase sac de nœuds! Trop compliquée.

Bon non, pas trop compliqué à comprendre, mais trop compliqué à assimiler. À intégrer. J’ai du mal avec cette idée d’accepter d’être celle que je ne veux pas être. Alors je résiste.

Mon égo est là, tranquille, en train de se passer de la crème solaire, prêt à s’installer sur un transat : sur ce sujet, visiblement, il est confiant sur le fait que je ne vais pas le déloger de suite…

Tout ça pour dire que c’est hyper stressant de résister!

Et fatigant… 

Je comprends aussi que je contrôle, que je me contrôle parce que je veux que tout soit parfait. Parce que si c’est imparfait, je devrais faire face à mon imperfection (pas envie) et on pourrait bien me rejeter (ça non plus, pas envie).

Donc je contrôle pour que ce blogue soit parfait (selon des critères non définis soit dit en passant) et parce que si tout n’est pas parfait, Jean-Pierre va nous rejeter, moi et mes textes. Et je pourrais bien être la risée d’ETC.

Donc j’ai peur. Donc je stresse.

Donc, je me fatigue…

Ma vie vous fait rêver, j’en suis sûre! 

Franchement, le « Livre nu » était quand même une solution acceptable je trouve… Vous ne trouvez pas vous ?

Je vais en retoucher 2 mots à Jean-Pierre. 

Cela dit, dans le cas où Jean-Pierre déciderait de camper sur ses positions (comprenez : toujours pas de « Livre nu »), j’ai trouvé la solution à tous mes problèmes!

Pour arrêter de résister, contrôler, stresser, je vous le donne en mille, qu’est-ce qu’on fait ?

On lâche prise!

Sachez quand même que le fait de se dire, même avec conviction, « je lâche prise », ne fonctionne pas. J’en ai fait les frais. Lâcher prise, ce n’est pas du tout lié au mental. C’est lié au cœur. 

Cet atelier étant plus pratique que théorique, on passe maintenant à l’expérimentation du lâcher-prise, LP pour les intimes.

La formatrice choisit une stagiaire pour nous montrer comment pratiquer la technique du lâcher-prise. Depuis ma chaise de l’autre côté de mon écran, j’avoue que j’ai un moment de doute.

Déjà, la stagiaire n’a pas l’air si stressée que ça. Rien à voir avec moi qui suis au comble du stress. Donc je me dis que ça va fausser les résultats…et au moment où je me dis ça, la formatrice nous rappelle qu’on ne cherche pas de résultat : on est là pour observer et accepter.

Merci du rappel…j’ai l’ouïe sélective…

L’exercice se passe calmement et la stagiaire a l’air bien contente de vivre le lâcher-prise. Elle a les yeux fermés et son visage est serein. Du coup, je suis toute excitée à l’idée de le vivre à mon tour. Le LP n’a pas l’air d’être une machine à laver en puissance : je suis rassurée, je veux le faire!

Les binômes se forment et je suis avec la stagiaire qui vient juste de faire l’exercice. Vous allez comprendre pourquoi, mais c’est tant mieux !! 

Sans vous donner de détails (puisque vous allez évidemment vous inscrire à cet atelier), cette technique consiste à visualiser son stress dans le corps, lui donner une forme et lui demander pourquoi elle est là, en nous. Lui demander à quoi elle nous sert en fait.

Pour entrer en contact avec mon stress, je décide de m’allonger. Me voilà donc étendue sur mon tapis de yoga, devant la caméra de mon ordinateur pour que mon binôme me voie. Je ferme les yeux et me laisse guider par sa voix.

Je rentre assez facilement en contact avec mon stress. (Ça vous étonne ?)

Il est situé dans mon thorax et a la forme d’un grand morceau de caoutchouc noir. Il me pèse, m’oppresse. Je le sens : je sens sa densité, sa texture. Je sens toute la place qu’il prend en moi. Tout mon thorax est habité par ce morceau de caoutchouc noir.

Quand vient le moment de demander à cette forme en quoi elle m’aide, elle me dit qu’elle est là pour m’aider à respirer. Et qu’elle est aussi là pour me dire de ne pas m’oublier.

Quand mon binôme demande à la forme si elle veut partir ou rester, elle décide de partir. Alors j’observe ce grand morceau de caoutchouc s’enrouler sur lui-même pour prendre la forme d’un rouleau. Puis j’observe ce rouleau prendre le chemin de ma gorge…et là, c’est le drame…

Bon pas vraiment le drame, mais au fur et à mesure que ce rouleau remonte pour sortir par ma bouche, je sens que je m’étouffe. L’air ne passe plus. Je ne peux plus respirer. Je suis obligée de m’asseoir.

J’ai une grosse quinte de toux, je pleure.

Mon binôme me rassure calmement. M’incite à respirer, à boire un peu d’eau.

Je tousse toujours autant.

Normalement, c’est le moment d’échanger les places et donc à mon tour de lui faire faire l’exercice, mais je ne peux pas parler : je ne fais que tousser.

C’est pour ça que je disais plus haut « c’est tant mieux » que je sois en binôme avec elle, car je lui grille son temps de passage. Mais comme elle a fait l’exercice juste avant avec la formatrice, on se dit toutes les deux que ce n’est pas grave. La Vie est parfaite. 

Je continue à tousser pendant plus de 20 minutes. Je perds le fil des discussions et des partages : je suis occupée à tousser et à expulser de moi le rouleau en caoutchouc noir. J’ai l’impression que ça n’en finit jamais.

Quand enfin, je m’arrête de tousser, je remplis mon thorax de lumière.

Je me sens vidée.

Sonnée. 

C’était QUOI ce truc?

C’est donc ça lâcher prise ?

C’est sûr qu’on est loin de l’auto conviction que je pratique d’habitude!

Mince alors!

Je ne peux pas vous dire mieux que : expérimentez

L’ironie de cet exercice est que ma forme était là pour m’aider à respirer et qu’en sortant de moi, j’ai cru m’étouffer. Comme si elle voulait me dire : « Tu vois ce que ça fait quand on ne respire plus? C’est ça que tu veux pour toi ? ».

Euh non, ce n’est pas ça du tout que je veux pour moi.

Merci ma forme. 

La journée se termine par une détente. Bien méritée la détente si vous voulez mon avis.

On repart dans les airs, mais cette fois, pas de saut dans le vide. La formatrice a rangé son sadisme. Elle nous fait faire une belle balade durant laquelle elle nous demande de nous libérer de toutes nos contraintes.

… Dans ma détente, une fois libérée de mes contraintes, je finis nue comme un ver. Visiblement, c’est comme ça que je me sens libre. Toute nue.

Mais mon vrai constat ce soir est que j’ai besoin d’être plus nature, de ne pas jouer un rôle, et de me rapprocher de la nature. D’être insouciante. Et de lâcher prise sur beaucoup de choses. 

C’est sur cette note légère et positive que se termine cette journée. La formatrice nous conseille de refaire un lâcher-prise dans la soirée et de pratiquer la respiration « de l’oiseau ».

C’est génial, je vais avoir plein de temps pour pratiquer tout ça ce soir, car à part me détendre, je n’ai rien à faire. Mon appart est parfaitement rangé!  

Le lendemain matin, pas de stress. J’ai respiré comme un oiseau et je me sens bien. Mes ailes sont déployées.

Je me sens très calme. Je n’ai rien planifié. Je ne m’impose rien avant l’atelier. Je fais ce que j’ai envie de faire et je le fais en prenant mon temps. En vivant pleinement chaque instant.

Je me détends, je suis bien. Je me sens paisible. (Petite danse intérieure pour célébrer cette victoire!) 

La formatrice nous accueille avec son grand grand sourire habituel. Et aujourd’hui, elle va nous parler du « contrôle » plus en détail. Parce que maintenant on le sait, le contrôle est source de stress.

Et le stress peut être double, car on se contrôle soi-même, mais on peut aussi contrôler les autres.

Formidable! Deux pour le prix d’un!

Elle nous propose de faire un exercice pour identifier les situations dans lesquelles on exerce du contrôle sur soi, ou sur les autres.

Je sens que ça va me plaire… 

Globalement, je me trouve plutôt cool. Les gens me trouvent cool. Mais il semble que mon égo soit toujours sur son transat en train de prendre le soleil avec Debussy en fond sonore… et les deux me bercent…

Car le réveil brutal : le bilan de cet exercice ne fait pas WOW. Le bilan dit que je me contrôle avec une main de fer et il me reste encore assez d’énergie pour contrôler les autres. À y être, je fais les choses bien.

Et puisque le stress est proportionnel au contrôle, je vous laisse imaginer le résultat sur moi. Pas besoin d’un dessin.

Donc, si je faisais une chose intelligente pour moi au lieu de contrôler, je lâcherais prise.

Parce que si on ne lâche pas prise, l’étape d’après, c’est l’obstination! Ce truc que je me suis infligé hier matin en voulant absolument tout ranger avant l’atelier.

Et qu’entre nous, je m’inflige assez régulièrement. Je m’en rends compte maintenant qu’on aborde le sujet.

C’est une révélation qui me plait moyen celle-là. Je fais la respiration de l’oiseau pour digérer la nouvelle.

Et comme si la formatrice avait senti mon désarroi, elle se dit que je vais servir de modèle pour le prochain exercice, sur l’obstination donc. 

Sadique. Le retour! Ça ne serait pas un masque lié à une 6e blessure ça ? Lise Bourbeau a étudié la question ? Pas possible de sourire autant et de devenir aussi sadique, sans prévenir, comme ça! 

Me voilà donc devant mon écran en train d’admettre devant tout le monde que je m’obstine à dire à mon compagnon de manger moins vite. La formatrice déroule les questions et à celle « quel masque est-ce que je porte dans cette situation? », je suis obligée d’admettre que c’est celui de contrôlante.

Contrôlante. Contrôle. Peur. Stress. Génial, tout le monde est là! 

Il serait bon que je lâche prise là-dessus.

Comme sur tellement de choses en fait.

 

LACHER PRISE!

 

Comme hier, cette journée est beaucoup plus pratique que théorique : c’est donc le moment de se mettre en groupe virtuel et de s’exercer de nouveau au lâcher-prise.

Nous sommes par 3 : une personne guide, une observe, une fait l’exercice.

Cette fois, pas de semi-drame quand je fais l’exercice. Ma forme est un globe terrestre en métal, dans mon ventre. Elle est là pour m’aider à prendre ma place, pour me rassurer. Pas de dégât collatéral non plus quand elle sort finalement de moi. Par contre, je ressens une belle chaleur et beaucoup de paix après son départ. Je me sens sereine. C’est agréable. Enfin un truc cool! 

Puis, quand vient mon tour de guider une stagiaire, je me mets dans ma bulle. Je me sens à ma place. Je n’attends rien. Je ne fais qu’accompagner avec amour la stagiaire dans son lâcher-prise. Mais cette simple guidance me fait un bien fou. Je me sens aidante au plus profond de mon âme.

Un WOW me traverse.

Accompagner. Guider. C’est ce qui m’anime depuis toujours. Pourquoi avoir arrêté de faire ça?

Mes questions existentielles refont surface.

Quel est le sens de ma Vie actuelle?

Voilà un sujet qui va me causer beaucoup de stress dans les semaines à venir…

Donc au stress du blogue, vous pouvez rajouter celui des questions existentielles qui vous allez le voir, touchent un paquet de sujets chez moi… 

Cet atelier très pratique se termine par un bilan général où chacun exprime ce avec quoi il repart. Et moi, je repars avec 3 choses.

Le besoin d’automatiser les outils d’ETC dans mon quotidien. Un stress = faire un lâcher-prise.

Le fait que l’obstination est un stress et qu’il serait intelligent que je m’ouvre un peu plus à l’imprévu.

Ce conseil : accueillir sans attendre de résultat. 

Je quitte l’atelier avec la sensation que c’est possible. Pas facile, mais possible de ne plus subir mon stress. Et ça me rassure… jusqu’à la prochaine montée de stress.

Cliquez ici pour lire la suite : 16 - Dans ma vie

Être bien, ça s'apprend