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19 - Dans ma vie

Semaine du 14 au 21 septembre 2020 

Down.

Des larmes. Encore.

Ce n’est pas parce qu’on fait ETC qu’on voit des licornes roses voler tous les jours…

 

Le lundi, je retourne au bureau un nœud au ventre, angoissée. Le weekend, cette parenthèse avec ETC, est déjà oubliée. Mon égo reprend le pouvoir, sans transition.

Retour à ma réalité. Je ne sais pas trop si j’aurais encore un travail ce soir. Je ne suis pas sûre de vouloir et pouvoir continuer à mon poste. J’ai encore la journée de vendredi en tête : le stress, le trop-plein, les larmes.

Je sais que j’y suis pour quelque chose. Je ne respecte pas mes limites. Je ne dis pas NON. Je sais que je suis responsable de l’état dans lequel je suis : tout vient de moi. J’en prends la responsabilité. Mais ça ne rend pas les choses plus faciles. Je suis en piteux état. Physiquement et psychologiquement.

C’est ça que je veux pour moi ? Pour ma vie? 

Quand j’arrive, mon patron entre dans mon bureau et me demande si ça va. Mon habituel sourire n’apparaît pas. Je n’y arrive pas.

Mes yeux commencent à piquer et c’est un « Non, ça ne va pas » qui sort spontanément et franchement de mes lèvres. Le ton est donné.

Je suis tellement fatiguée que je n’ai plus la force, ni l’envie de faire semblant. Grande discussion, je parle à cœur ouvert : j’ai besoin de retrouver l’envie de venir travailler, de l’enthousiasme, de la joie. C’est à cette condition que je pourrais rester. Et pour ça, j’ai besoin d’être déchargée dans mon travail. Je gère trop de choses : j’ai l’impression que mon cerveau tourne à 360° en continu, doit penser à tout, tout le monde, tout le temps. Je ne suis même plus capable de dire combien font 4-2 sans un temps de réflexion… pourtant je le sais bien que ça fait 1! 

Bref, je n’en peux plus. Une fois la conversation finie, il me propose de prendre quelques jours, de me reposer et je ne me fais pas prier, je n’ai pas ce luxe. Tout mon corps dit « STOP ».

Je rentre chez moi, et je vais au lit.

Je mets mes pensées sur pause. Et ça va durer une semaine.

Je prends une semaine de pause. Enfin presque, car le travail se rappelle à moi plusieurs fois par jour… « MJ stp, tu pourrais… ? ».

Je dors peu, mal.

J’ai mal au ventre.

Le matin, je me lève en automate, j’émerge à peine après quelques heures de sommeil.

C’est une semaine comme je n’en ai jamais vécu. Je suis vaseuse. Si je pouvais passer mes journées au lit, je le ferais. Mais je ne me l’autorise pas.

Je traine. Je regarde tout un tas de feuilletons débilitants à la télé.

Je zone chez moi. Dans le parc. J’évite les appels. Je n’ai envie de parler à personne. Je veux du calme autour de moi et en moi.

Le calme peine à arriver, la tempête était peut-être trop violente. Il arrive, mais il est timide, a du mal à s’installer en moi. 

C’est cette semaine-là que je choisis pour mettre mon appartement en vente. Un nouveau grand pas pour moi. Grand pas synonyme de stress, encore. Encore et toujours.

Je fais la respiration de l’oiseau, le lâcher-prise, des décodages…bref tout ce que j’apprends avec ETC. Et petit à petit, le stress lié à la vente de l’appartement s’estompe. Je commence même à ressentir une certaine joie à l’idée de commencer cette nouvelle vie avec mon compagnon. 

Cette semaine-là, j’envoie aussi un mail à Jean-Pierre pour lui dire que je ne l’oublie pas, mais que là, je vis beaucoup de choses, et que tout ça se fait dans la souffrance, alors je respecte mon rythme et je prends le temps qu’il me faut. Le blogue est en veille. 

 

Lundi 21 septembre 2020

 

Retour au bureau. Pas en grande forme, mais j’y retourne.

Mon téléphone sonne déjà de bon matin. Je me sens mal, le seul fait de l’entendre sonner m’angoisse. J’ai l’impression que retourner travailler est au-dessus de mes forces. 

La semaine est dure, j’ai du mal à reprendre le rythme : physiquement, mais aussi intellectuellement. Je sens que je suis moins rapide, moins réceptive. Tout me paraît plus dur. Tout me paraît insipide, sans couleur, sans sens. 

 

Jeudi 1er octobre 2020

 

Un jour la tête hors de l’eau… je savoure…c’est une très belle journée 

C’est mon anniversaire! 

Je commence la journée en m’écrivant une lettre où je me souhaite le meilleur. J’ai 37 ans, et je décide ce matin que cette année sera belle. Je le mérite.

Mon compagnon n’est pas avec moi, mais j’ai un très joli message à réveil qui me touche profondément.

Puis j’ai la très belle surprise de recevoir un appel des enfants de mon compagnon qui me souhaitent mon anniversaire! Mon cœur est inondé de bonheur. 

Je pars au travail heureuse, sereine : cette journée est belle.

Mes collègues me font souffler une bougie sur un croissant et m’offrent une pièce de théâtre humoristique : j’ai décidé de rire plus pour mes 37 ans, ça tombe bien!

À midi, nous mangeons au restaurant où j’ai droit à une nouvelle bougie, une chanson et des applaudissements des clients du restaurant. 

En rentrant du travail, dans ma boite aux lettres, j’ai un avis de passage du facteur : un colis m’attend à La Poste…j’irai le chercher seulement le samedi. Mais je vous le donne en mille, c’est un colis d’Ecoute Ton Corps envoyé en avril. Il a mis presque 7 mois à me parvenir! Mais il arrive aujourd’hui, le jour de mon anniversaire, comme un signe de plus que je suis sur la bonne route pour moi. 

Puis, je reçois la visite d’une jeune femme qui décide d’acheter mon appart! Il n’y a pas si longtemps, je m’étais dit que c’était la fin de ma liberté; maintenant, je me dis que c’est le début d’une nouvelle aventure! Et je suis contente.

C’est un grand moment, mais aucune peur n’apparaît, juste la joie de voir quelqu’un heureux à l’idée de vivre dans ce lieu, et moi de faire un pas de plus vers ma nouvelle vie. 

Ce soir, mon compagnon m’a fait la surprise de réussir à avoir une table dans un de mes restaurants préférés. Le hic, je n’ai pas faim, et c’est un excellent restaurant. Pas le genre où on va pour manger une salade. Il m’explique qu’il a littéralement supplié le directeur du restaurant de nous trouver une table, car c’était mon anniversaire. Le directeur, hyper sympa, chamboule son organisation et nous donne une table.

Mais moi, je n’ai toujours pas faim. Et je ne veux pas casser la surprise de mon compagnon. Et je ne veux pas non plus paraître ingrate auprès du directeur. J’ai des peurs, là je sais…

Mais je n’ai pas assez faim pour aller dans ce restaurant.

Et mon besoin là, c’est d’être au calme. De passer une bonne soirée avec mon compagnon. Pas de me faire servir pendant 3heures.

Je décide de mettre les pieds dans le plat… : « Doudou, ça t’embête si on ne va pas au restaurant que tu as réservé? Je n’ai pas faim. On ne pourrait pas juste aller boire un verre ? »

Son sourire se fige, mais je vois un peu de soulagement dans ses yeux. Il n’a pas faim non plus. Mais par contre me dit-il, hors de question qu’il appelle après le cirque qu’il a fait pour avoir une table. Donc c’est moi qui m’y colle, et bon, devinez quoi, le mec a perdu la réservation. Quand il finit par la retrouver, il est lui aussi presque soulagé qu’on annule.

Alors tout est parfait : j’aurai droit à mon martini rouge dans un joli verre et une soirée calme avec mon amoureux : précisément ce sont j’avais besoin ce soir! 

Cette journée est parfaite et je vois ça comme un signe. Mes 37 ans vont être une belle année!

Le printemps revient dans ma vie, doucement, mais il revient aujourd’hui. Le jour où je fête ma naissance : c’est un très joli cadeau!  

D’autant plus qu’aujourd’hui, j’ai vraiment eu l’impression de renaître!

 

 

Vendredi 16 octobre 2020

Rendez-vous avec ma consultante – suivi de formation « Le stress »

 

En parlant de renaître…

Ce soir, j’ai rendez-vous avec ma consultante pour parler de stress. Me concernant, vous l’aurez compris, le sujet est vaste.

Je veux aborder un des sujets qui me cause beaucoup de stress en ce moment : ce blogue. Plus j’avance, plus il me tend.

C’est quand même dingue quand on y pense. Je fais quelque chose que j’aime faire : écrire. Je le fais sous la direction d’une personne bienveillante : Jean-Pierre. Et pourtant, rien à faire, ce blogue me stresse au-delà du raisonnable.

Ma réaction m’interpelle de plus en plus, je veux comprendre pourquoi je réagis comme ça. 

Une des premières questions que me pose ma consultante est : « Comment es-tu venue au monde? ».

Je ne suis pas arrivée ici-bas portée par une cigogne puis déposée dans une rose si c’est ça la question. Non, non, moi je suis arrivée naturellement, mais toute bleue. J’étais en train de m’étouffer avec le cordon ombilical. Ma vie a commencé dans un déguisement de Schtroumpfs, mais la peur au ventre : celle de ne pas survivre si quelqu’un ne m’enlevait pas le cordon qui m’empêchait de respirer.

Ma consultante n’a pas son grand sourire habituel. Elle a l’air grave, sérieuse. Elle m’explique que ce stress intense que je vis actuellement n’est que la copie de ce que j’ai vécu quand je suis née. 

Je vous explique (ma consultante fera un erratum si j’errone ses propos) : à ma naissance, le bébé que j’étais a été terrifié.

Naître a été un moment douloureux, asphyxiant, effrayant pour lui. À peine né; à peine là, dans ce monde inconnu, que déjà tout pouvait s’arrêter pour lui. Sans une infirmière, un obstétricien, quelqu’un pour couper le cordon et lui redonner de l’oxygène, lui sauver la vie et c’était fini. Début et fin auraient pu arriver presque au même moment.

Je suis née avec ce traumatisme et cette croyance : naître, c’est très dangereux. On peut mourir quand on naît si personne n’est là pour vous sauver. 

Alors ma consultante m’explique d’où vient ce stress disproportionné que je vis ces derniers temps. Écrire, un rêve que je réalise. Un rêve qui me rapproche de mon être profond, mon JE SUIS.

Et plus je m’en rapproche, plus je sens que c’est là, que je vais le toucher du doigt, plus j’ai peur. J’ai peur parce que quand je vais vraiment le toucher, l’attraper, me le réapproprier, alors je vais naître à nouveau. Je vais accoucher de moi-même.

Et cette naissance me terrorise. Elle me terrorise parce que je ne sais pas si quelqu’un sera là pour me sauver cette fois si ça se passe mal. Je suis terrorisée à l’idée d’arriver dans ce nouveau monde : le mien. Je suis terrorisée à l’idée de naître de moi-même et de m’autoriser à être qui je suis vraiment et de le payer au prix fort : m’étouffer, m’asphyxier, mourir.

Je comprends qu’en me lançant dans l’écriture de ce blogue très personnel, dans ce projet qui me tient tant à cœur, j’ai en quelque sorte engagé mon existence. C’est ce que me fait croire mon égo en tout cas.

Au moment où vous lirez ces lignes, j’aurai mis la main sur une partie de mon JE SUIS. J’aurai réalisé un rêve : écrire et être lue.

Mais avant, je vais rassurer mon enfant intérieur, lui dire que ça va aller. Que cette naissance-là n’a rien à voir avec la précédente et que surtout, aujourd’hui, j’ai la capacité de m’enlever le cordon toute seule si jamais il venait à m’étrangler. Alors ça va aller. Tout va aller bien. L’adulte que je suis gère.

Tout ce que m’explique ma consultante fait sens et m’apaise, profondément.

Je comprends mes réactions. Et le seul fait de comprendre fait descendre mon stress au sujet du blogue d’un cran.

Un énorme « merci » à ma consultante qui m’aide à comprendre toujours plus de choses sur moi, mais aussi à Jean-Pierre qui, sans le savoir, m’a offert ce travail sur moi. Je l’ai écrit plus tôt dans ce blogue : il m’a offert un ticket d’entrée vers mon « JE SUIS ». 

Gratitude.

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Être bien, ça s'apprend