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09 - Les copines : Les retours

 

Vendredi 3 avril 2020

Atelier de 3h en ligne sur les peurs

 

Je me connecte au serveur en ligne et attends le début de l’atelier. Je regarde le nombre de participants monter, monter jusqu’à atteindre 420 personnes! Oula, ça fait vraiment beaucoup de paires d’yeux face à moi.

Quand le formateur ouvre l’atelier avec son bel accent québécois, j’ai pourtant la sensation que tout va aller bien. Rien ne peut être ni grave ni difficile quand c’est cet accent qui le dit. Et surtout rien ne peut faire peur! Et ça tombe bien parce que ce soir, on aborde le sujet le plus difficile pour moi : la PEUUUUUUUR! Encore!

 

Le 1er exercice que le formateur nous propose est de lister nos peurs. Ma liste est longue, une page… et ce n’est pas fini, le temps dédié à l’exercice ne m’a pas permis de terminer (je le ferai plus tard, et arriverai à une double page… rien que ça).

Parmi mes peurs, il y en a une de commune avec celles du formateur : peur des requins. Le début de l’exercice consiste à répondre à cette question : « Qu’est-ce que cette peur m’empêche d’être, d’avoir et de faire? ».

Il fait d’abord lui-même l’exercice pour que nous comprenions. Quand il a fini sa démonstration, je me rends compte que j’ai exactement les mêmes limites que lui et à quel point la peur m’empêche d’être, de faire, d’avoir. Je le sais, je l’ai appris lors de l’atelier sur « les peurs » à Bordeaux, mais se l’entendre dire, et redire encore fait toujours le même effet : « Pas possible cet impact qu’elle a sur ma vie! ». ETC est une démarche quotidienne, je le comprends et l’intègre de plus en plus. Lire un livre ou assister à un atelier va beaucoup m’aider, mais ne suffira pas : je dois expérimenter tous les jours, sans exception. En faire une hygiène de vie. La tâche est vaste, mais passionnante! C’est bon de se le faire rappeler de temps de temps. 

Une idée me traverse brièvement l’esprit : avec son accent québécois, le formateur rend le requin quand même plus gentil, c’est presque Némo la bestiole dans sa bouche! Alors je me dis que peut-être, si j’arrivais à parler avec l’accent québécois, j’aurais moins peur ? Les requins deviendraient des poissons rouges, la profondeur de la mer une pataugeoire, le vide à peine la hauteur d’une chaise… Je vais parler à ma peur en québécois, voilà, fin des problèmes! Il suffisait d’y penser. 

Bon, sauf que l’accent québécois dans ma bouche est un surprenant mélange d’accent belge et d’un autre, non identifié. J’en reviens donc à mon problème initial : j’ai une double page de peur sous le nez qui me nargue. Que faire? 

Le formateur me ramène sur Terre : il nous explique que ce matin, il s’est réveillé 2h plus tôt que prévu : le stress de la formation de ce soir probablement. Toujours est-il qu’il décide d’utiliser ce temps pour se détendre : écrire, faire du yoga, aller marcher, faire une méditation ... bref, il remplit son temps de trucs pour le détendre. Et tous ces trucs finissent par le stresser.

Le comble : il remplit son temps d’activités censées le détendre et il en ressort finalement plus stressé. Je me sens très concernée d’un coup : le soir en me couchant, j’organise mon lever : « tu vas marcher, puis tu t’étires, puis tu médites, puis tu écris », tout ça avant de partir bosser, pour être plus détendue, dans de meilleures dispositions, comprenez-vous? Et souvent, c’est finalement la course, je suis tendue à l’idée de ne pas arriver à tout faire…Et la plupart du temps c’est ce qui arrive : échec. J’arrive au boulot énervée et stressée : échec et mat. Le fou a fait tomber la Reine. 

Est-ce qu’il m’arrive réellement d’écouter mon besoin à un instant donné? Est-ce que quand je médite, je le fais parce que j’ai besoin de le faire ou parce qu’on nous rabat les oreilles avec ce nouveau mantra « méditer tous les jours est bon pour vous » ?

Est-ce que quand je commence une activité, je la commence par besoin, par habitude, parce qu’il le faut, parce que c’est ce qu’on m’a appris à faire? Par exemple, me lever à 6h pour aller courir sous la pluie : j’en ai besoin ? Non, pas vraiment… mais par contre, il paraît qu’il faut faire du sport tous les jours pour être en bonne santé. Bon et si moi j’ai besoin de dormir pour répondre à mon besoin? Aïe, je ne sais pas quoi faire : dormir tout mon saoul ou aller courir à m’en exploser les poumons parce qu’un magazine a dit que c’était bon pour moi?

 

Le formateur me fait l’effet d’une révélation à travers son exemple : j’écoute encore beaucoup mes croyances, mes habitudes, les autres. Mais je n’écoute toujours pas mes besoins. Pas encore assez en tout cas.

Merci pour la piqûre de rappel.

 

La suite de l’exercice prend la forme de reformulation : prendre la liste de tout ce que notre peur nous empêche de faire, avoir et être et ajouter « Je désire ». Par exemple, « ma peur des requins m’empêche de nager en pleine mer » devient « je désire nager en pleine mer ». De cette façon, je conscientise bien mon besoin. Cet exercice aussi est efficace sur moi qui ne connais finalement pas bien mes besoins. Comment répondre à un besoin qu’on ne connait pas?

 

Derrière chaque peur, qu’elle soit physique ou psychique, se cache un besoin de mon être. ETC m’aide à trouver mes besoins.

 

Vient ensuite la question de que faire avec une peur une fois qu’on l’a identifiée ? Je vous le donne en mille : RESPIREZ! RESPIREZ! RESPIREZ! Lentement, calmement, en allongeant l’expiration.

Quand j’avais peur, avant ETC, j’étais plutôt en mode « respiration du chien post accouchement » : saccadée, haletante, pas très fluide quoi. Alors je m’applique, je fais comme dit le formateur, et c’est vrai que si je pense à ma peur en même temps, je me sens plus calme en respirant calmement. Ça ne fait que confirmer ce que j’expérimente depuis quelques semaines : la respiration apaise vraiment la peur. 

Le formateur aborde aussi la notion de responsabilité qui est centrale pour ETC. Et concernant les peurs, ma responsabilité est claire : je crée mes peurs.

Une fois que j’ai compris ça, je comprends aussi que si je crée, je peux dé-créer. C’est moi qui ai le pouvoir, faut-il juste savoir correctement s’en servir. ETC nous apprend à l’utiliser. Les amateurs de baguettes magiques ne trouveront pas la réponse dans un vieux grimoire, mais en eux-mêmes. Tout vient de nous, absolument tout.

 

Respirez!

Responsabilité!

J’ai le pouvoir!

 

 

L’atelier se termine par une méditation sur le thème de la peur. Elle me fait m’approcher au plus près de la peur que j’ai choisie, mais elle m’apaise, me rassure. Parce que je respire hein !! Je me sens bien en présence de ma peur, elle ne m’inquiète plus. En fin de détente, j’ouvre les yeux en me disant que rien n’est grave, que tout va et ira bien. Décidément, cet accent québécois…  

Comme pour l’atelier « Être bien », refaire un atelier sur « Les peurs » est très bénéfique. J’ai l’impression d’aller plus loin dans la compréhension des choses et c’est une très bonne piqûre de rappel.

                               

    

Vendredi 10 avril

 

Ce matin, en me levant, je vérifie rapidement mes mails et surprise…j’ai un mail de Jean-Pierre GAGNON!

La peur n’a pas sa place ce matin, je suis bien trop excitée pour ça. J’attends sa réponde depuis plus d’une semaine! J’ouvre le mail et je le lis en accéléré à la recherche des mots que je veux lire - s’il vous plait s’il vous plait, qu’il dise « oui » - : « …J’ai pris connaissance de votre texte et je l’ai vraiment bien aimé… je ne vois pas pour le moment comment nous pourrions utiliser ceux-ci pour éventuellement faire un livre… Par contre, je voyais réellement quelque chose de spécial dans votre écriture et proposition alors je l’ai fait lire à Monica… Monica a trouvé votre texte excellent… Voici ce que nous vous proposons… nous pourrions ouvrir un genre de blogue qui serait publié sur notre site web… Faites-moi savoir ce que vous pensez de cette proposition… . »

Ce que j’en pense? J’en pense que c’est absolument génial! Chaque cellule de mon corps fait « WOW » : c’est un vrai feu d’artifice intérieur! Je ne tiens plus en place.

Je cours dans les escaliers, direction la cuisine, pour annoncer la nouvelle à mon compagnon qui saute de joie à son tour. Alala, je m’auto applaudie. Je suis heureuse, que je suis heureuse.

 

Je réponds à mon besoin et ça fait WOW!

 

En suivant ce matin, et ça tombe très bien, j’ai rendez-vous avec ma consultante pour le suivi de formation sur…je vous le donne en mille : les peurs. Les copines! Le retour!

Déjà. 

La journée avait pourtant bien commencé, sans elles! Mais décidément, la peur est un sujet récurrent dans mon quotidien en ce moment. Ça frôle l’acharnement. 

Pour les suivis de formation, les étudiants doivent résumer un recueil de textes issus des livres de Lise Bourbeau sur le sujet abordé pendant la consultation. Donc ici, les peurs. Toujours.

Une vraie galère pour moi, surtout sur ce sujet. Comment faire un résumé de ce qu’il faut retenir?

Tout, en fait! J’ai l’impression que chaque mot compte, que chaque phrase est importante. Quand je regarde mes feuilles où j’ai stabiloté ce qui me paraissait important, il y a du jaune partout. Je n’ai clairement pas l’esprit de synthèse que revendique Lise Bourbeau. La copine « peur de ne pas touuuuuuuut savoir » s’installe près de moi, confortablement, visiblement décidée à rester quelque temps. 

Je parle à ma consultante de ma double page de peurs, posée juste à côté de moi, sur mon bureau : toutes ces peurs me font peur! Il y en a trop, je n’y arriverai jamais. Je ne sais même plus par quel bout prendre les choses pour les gérer. C’est vrai quoi, toutes ces peurs, comment les apprivoiser? J’en ai pour les 5 prochaines vies! Et encore, si je n’ai pas une nouvelle bande de copines qui s’incruste entre temps.

Vision d’horreur…

Tout ça a l’air de beaucoup amuser ma consultante qui prend les choses avec beaucoup plus de sérénité que moi. Elle me sourit et me dit juste : « Marie-Julie, peu importe le nombre de peurs. La 1re chose à faire est d’accueillir. Alors accueille que tu as peur de tes peurs. »

Oui.

D’accord.

Facile. 

Mais j’aurai quand même besoin de plusieurs vies. Je crois.

 

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Être bien, ça s'apprend