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10 - Dans ma vie

Pensées sur le fil

 

Avant ETC, j’intellectualisais trop de choses. Je rêvais en couleurs comme dit Lise Bourbeau. Mais rêver en couleurs ne nous donne pas la vie qu’on veut. Sauf dans nos rêves, peut-être. Alors il faut agir. Et ETC donne les clés pour agir.

Une des choses qui m’a beaucoup aidée est de savoir, pas juste de me dire, mais de savoir avec certitude que tout le monde vit des peurs. Dire que nous n’en avons pas, c’est se mentir à soi-même et donc pas se rendre service. On a tous des peurs, parce qu’on a tous des blessures, et des croyances : la peur fait partie de nos vies depuis notre plus jeune âge. Et puis la chose la plus importante, c’est que j’ai le droit d’avoir peur et de le dire.

Nah.

J’ai 36 ans et j’ai la trouille de plein de trucs!

J’accepte. 

 

Pensées sur le fil (suite)

 

J’ai l’impression de vivre de plus en plus de peurs. Dingue pas vrai, vu le nombre de copines que je traîne déjà. Ça en est presque désolant. 5 vies…j’ai peut-être vu un peu juste, disons 7.

Et imaginez un peu si dans ma vie suivante mon âme se retrouvait dans le corps d’une pantophobe.

Pantophobe = peur de tout. Tout.

C’est pas l’angoisse ça? 

Bon, revenons dans cette vie-là.  Pas la peine d’écrire des scénarios catastrophes. En fait, dans ma vie de Marie-Julie, je ne vis pas plus de peurs qu’avant, mais je les sens plus. Grosse différence. Parce que le fait de les sentir plus implique aussi de les vivre plus physiquement, du coup… Pas toujours hyper agréable d’ailleurs, je ne vais pas vous dire le contraire. La poitrine qui se serre, le ventre qui brûle, la gorge qui se noue (…) : pas un kif total quand même. Parfois, j’ai l’impression d’être dans un shaker à cocktail, et ce n’est clairement pas Tom CRUISE qui secoue!

Mais grâce à tous ces nouveaux sentis que je m’autorise à vivre, j’ouvre un peu plus la porte à mes peurs et essaye les accueillir pleinement. Et il y a la foule! Mes coups de flips se jouent à guichet fermé, comme pour un concert de Céline DION! Une foule de copines se presse à la porte! Mon petit fan-club à moi. 

J’ai posé en évidence sur mon bureau la liste des sentis (positifs et négatifs) que la formatrice nous a donnée lors de l’atelier. Avant, je disais que je sens « bien », « mal » : maintenant, je prends le temps d’observer comment je me sens vraiment et de poser le mot juste… le panel des sentis s’est élargi et cette justesse des mots rend aussi plus juste le travail que je fais sur moi.

Par exemple, là de suite, je me sens bien. Mais je peux aussi dire que je me sens enthousiaste, positive, posée et vivante!

C’est mieux que de se sentir juste « bien ». 

 

Mardi 14 avril 2020

Je pars souvent marcher le matin. Et en ce moment, je vais faire ma balade avec Lise Bourbeau dans les oreilles. Commencer ma journée en écoutant des conférences ou interviews de Lise Bourbeau me met dans de bonnes énergies, et me permet de rester centrée sur la quête de mon moi intérieur.

Je le sais, mais il m’arrive parfois d’oublier que ce genre de démarche est un travail quotidien. Certains jours, mon égo décide de passer plus de temps avec moi et ne me facilite pas les choses pour expérimenter.  Alors j’ai trouvé cette solution pour m’aider à rester centrée : avoir Lise Bourbeau avec moi !! Tant pis pour elle si elle n’avait pas prévu la balade matinale à mes côtés. 

Quand je l’écoute, j’ai un sourire en continu sur les lèvres : elle me fait du bien. Son accent me détend, ses anecdotes me font rire et ses propos m’ancrent un peu plus en moi. J’acquiesce à ses mots, je comprends, je me dis « Mais oui, bien sûr, c’est évident! ». Je n’exclue pas le fait que je peux faire flipper les rares personnes que je croise : je me surprends à répondre à Lise Bourbeau qui elle est dans une salle quelque part vers Québec, dans les années 80 et ne sait pas que j’existe. Donc, d’un point de vue extérieur, clairement, c’est un fait, je parle seule…  

Ce qui est génial avec l’enseignement de Lise Bourbeau c’est qu’il est simple. Accessible. Tellement simple que certains pourraient trouver ça douteux. Et pourtant, c’est sa simplicité qui fait son efficacité.

ETC n’est pas fait pour les personnes qui veulent tourner en rond et ressasser leur vie en boucle. ETC est fait pour vous si vous voulez avancer, prendre votre vie en main, quitte à mettre les mains dans le cambouis quelquefois.

On ne répare pas une voiture sans se salir les mains, pas vrai? 

 

Soirée du dimanche 19 avril 2020

Ce soir avec mon compagnon, nous avons prévu de passer une soirée tranquille, tous les deux. Un moment rien qu’à nous. Romantique.

 

Quelques heures avant la soirée idyllique…

… Après être allé courir, mon compagnon me demande de lui masser le dos, ce que je fais avec plaisir. Puis il me demande de l’aider à s’étirer. Il a mal à une hanche. Alors je lui fais prendre une position, qui je pense va l’aider, puis j’appuie lentement sur son dos pour aider l’étirement.

Aie aie aie, qu’est-ce que j’ai fait?

On entend un crack, il fait un bon, crie de douleur, se contorsionne. Il a mal, peut à peine bouger. Ouille… ! 

Je suis là à le regarder, impuissante : je ne suis pas kiné, on le sait bien pourtant. Pourquoi je l’ai aidé à s’étirer? 

Je suis désolée pour lui, mais n’empêche, cet « incident » me permet de sentir la culpabilité. (ETC n’est jamais loin)

Pendant qu’il essaie de se mettre debout en me demandant expressément de ne pas l’approcher, je me mets dans mon coin, et j’en profite pour observer ce senti qui arrive en moi, le sentir, l’accueillir. Ma culpabilité est vraiment grande à ce moment-là. J’ai peur de lui avoir fait vraiment mal, de lui avoir abîmé quelque chose. On est dimanche soir, ça va être coton de trouver un médecin en plus.

Mais moi je suis heureuse, et vous savez pourquoi ? Parce que je sens mon émotion !!! Je la vis pleinement et je la savoure presque! Elle est là, je la sens. Je ne la juge pas, je l’accueille juste. Merveilleux. Je sens la culpabilité à fond. Mais je l’accepte. J’accepte de me sentir coupable de lui avoir fait mal. Et, d’un coup, je ne sais pas ce qui se passe en moi, si ce n’est qu’un vide soudain apparaît.

Un poids en moins.

La culpabilité n’est plus là.

Je me sens juste bien.  

On est d’accord, ça c’est mon point de vue.

Quand mon compagnon me voit en position du lotus sur le fauteuil, les yeux fermés, sourire aux lèvres, lui ne voit pas vraiment le côté chouette du moment. Lui, il a juste très mal.

Je n’ose pas vraiment lui dire que son mal à une signification, j’ai l’impression que ce n’est pas le moment idéal pour aborder les notions métaphysiques. C’est bien dommage, parce que moi ça m’intéresse, mais vraiment, non, ce n’est pas le moment. Je le vois à sa tête…un savant mélange de colère, d’agacement, de douleur et quand même d’amour !!

 

Et pour l’anecdote…

Il décide d’appeler un ami dont la femme est la fille d’un kiné. Rien que la complexité de ma phrase devrait vous faire dire que quoiqu’il arrive, cet appel n’est pas une bonne idée.

Donc, le voilà en train de demander à la femme de son copain ce qu’il doit faire pour se remettre d’équerre. (Rappelons quand même qu’elle n’a pas hérité de la culture paramédicale de son père à la naissance).

Et vous savez ce qu’elle répond ? « Alors pour ce que tu as (…euh, en fait, on ne sait pas ce qu’il a, mais visiblement, c’est un détail), il faudrait que tu t’allonges à plat ventre et que Marie-Julie te marche sur le dos. Ça te remettra comme il faut. » 

Que je lui marche sur le dos?

Moi?

Vraiment? 

J’ai raison de penser que c’est une belle connerie cette idée ?

Cela dit, si je rejoue à l’apprentie kiné et que je lui déplace une vertèbre en lui marchant dessus, je n’aurai vraiment aucune raison de culpabiliser : il cherche quand même là, non?

 

Jeudi 23 avril 2020

Je passe une partie de l’après-midi à relire les notes que j’avais prises lors de l’atelier « Les 5 Blessures ». Les blessures étant activées par nos parents, nous avions fait plusieurs exercices qui impliquaient chacun de nos parents.

En les relisant, je me dis : « Ça serait vraiment bien qu’un jour je puisse parler de mes blessures avec eux, essayer de découvrir quand elles ont pu être activées. Comment? Pourquoi? »

Ça me trottait déjà dans la tête lors de l’atelier sur les blessures, mais là, du trot, je passe au galop. 

Je décide que le jour où je vais parler avec mes parents, c’est aujourd’hui. 

Que vous compreniez bien, je suis très pudique, j’ai du mal à m’autoriser à vivre mes émotions. Avec ETC, j’avance, mais à aujourd’hui, je ne me sens pas encore capable de vivre et d’exprimer toutes mes émotions. Alors, aller parler à mes parents de ce que j’ai ressenti enfant, de ce que je ressens maintenant n’est vraiment pas une chose facile.

Mais, je veux le faire. J’en ai besoin. Alors je décroche mon téléphone. 

Cette conversation, rendue difficile par mes copines les peurs, sera finalement l’une des plus belles que j’ai eues avec eux jusqu’à ce jour.

Une conversation à cœur ouvert, très riche en émotions.

Pleine de réponses.

Pleine de respect.

Pleine d’amour. 

Après avoir parlé avec mes parents, j’ai pris le temps de vivre l’instant et d’écouter ce que me disait mon corps, comme j’ai appris à le faire lors de l’atelier sur le senti.

J’ai observé ce que je sentais : les mots qui me sont venus sont positifs. Tous.

Calme, contente, très émue, fière, reconnaissante, libérée. J’ajouterai réparée.

Et puis je me sens aimée.

Aimée par mes parents.

J’ai un élan d’amour envers eux. Je devais vivre cette vie à leur côté et je ne peux que les remercier pour ce que j’ai appris grâce à eux. Grâce à leur façon de m’aimer, avec leurs propres blessures. Je les remercie d’être mon miroir et de m’avoir permis d’apprendre à m’aimer plus, mieux.

Être là, à mes côtés, est le plus beau cadeau qu’ils m’aient offert. 

À la suite de ce moment, il se passe beaucoup de choses en moi.

Je me pardonne de ne pas avoir toujours su m’aimer. Je ressens beaucoup de tendresse et d’amour pour la petite fille en moi. Je ressens le besoin de la rassurer, de lui dire que tout va bien que ses parents l’aiment très fort et qu’elle n’est pas seule.

Je termine cette après-midi en larmes : larmes de joie, d’amour, de reconnaissance.

Larmes de gratitude : merci à moi de m’être offert ce moment. Moi qui ai tant de mal à me laisser aller à mes émotions, je vais m’allonger sur mon lit, et je pleure. Je laisse les larmes couler pendant un long moment. Et j’observe cette émotion qui fait couler ces larmes : l’amour.

L’amour immense que je ressens pour mes parents.

 

Vendredi 24 avril 2020

Lors d’une méditation sur la gratitude, une image m’est apparue très clairement. Une image de mon compagnon et moi heureux, soudés, amoureux.

Cette image n’est pas le fruit de mon imagination, elle est la réalité actuelle de notre couple.  

Depuis que je chemine avec ETC, je me découvre et ai de plus en plus de tendresse et d’amour pour moi. Je n’ai plus du tout les mêmes rapports avec moi-même qu’au début de l’année.

Avant, j’étais crispée, tendue, triste, je ne m’accordais que peu de temps. Et les conséquences sur notre couple étaient réelles : plus de tensions, moins d’attentions. Alors qu’actuellement, je suis plus détendue, plus sereine, je prends du temps pour moi. Je m’écoute beaucoup plus.

Et le constat aujourd’hui est que je n’ai plus du tout les mêmes rapports avec mon compagnon. Et notre équilibre de couple s’en ressent réellement.

Une évidence me vient alors à l’esprit, en pleine relaxation : « Je m’aime comme j’aime les autres; les autres m’aiment comme je m’aime. À la même intensité. »

CQFD (*)

(*) C’est ce Qu’il Fallait Démontrer 

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Être bien, ça s'apprend